Synopsis de Sabotage (1936) d'Alfred Hitchcock
Pré-récit
Carl Verloc est un agent secret travaillant pour une ambassade étrangère. Il reçoit ses ordres d'un membre haut placé de cette ambassade, Mr. Vladimir. Carl Verloc fréquente trois personnages aux profils mal définis. On sait simplement qu'ils appartiennent à une mouvance terroriste : il s'agit de Michaelis (qui a été naguère condamné à une très lourde peine de prison puis a fait l'objet d'une mesure de libération conditionnelle), de Yunct et d'Ossipon.
Carl Verloc s'est donné une apparence sociale en épousant Sylvia qui a à sa charge son jeune frère Stevie. Stevie est un garçon plein de bonne volonté mais terriblement maladroit. Il manque totalement de maturité et se laisse facilement impressionner. Après un bref séjour aux Etats-Unis, le couple Verloc est revenu s'installer à Londres. Ils n'ont pas d'enfant. Carl Verloc exploite dans cette ville un cinéma dénommé "Bijou". Renée, une employée avec qui Sylvia entretient de très bons rapports, tient la caisse du cinéma. Un autre employé occupe la fonction d'ouvreur. Les époux Verloc ont une cuisinière, Mrs Jones, qui a la fâcheuse habitude de faire trop cuire les légumes au grand dam de Carl Verloc.
Scotland Yard surveille de très près les activités de Carl Verloc, le soupçonnant d'être en relation avec une série d'actes criminels qui ont frappé la ville. Un système de surveillance a été ainsi mis en place : le sergent-détective Ted Spencer s'est fait embaucher chez un marchand de primeurs dans une boutique voisine du cinéma "Bijou", appartenant à "Brown and Sons". Il a pour adjoint l'inspecteur Hollingstead. Ted Spencer est lui-même sous l'autorité du Superintendant Talbot.
En revanche, un bien étrange personnage, Mr. Chatman, dit "Le Professeur", spécialiste dans la fabrication d'explosifs sous couvert d'une activité d'oiseleur, ne fait l'objet d'aucune surveillance. Il vit dans un quartier éloigné de la ville, à Islington, avec sa fille et sa petite-fille.
Le récit débute un mercredi soir alors que Carl Verloc vient de commettre un acte de sabotage dans une centrale électrique alimentant plusieurs quartiers de Londres en électricité.
Récit
Le récit se déroule sur quatre journées, du mercredi soir au samedi soir.
Mercredi soir :
Le centre de Londres est soudain privé d'électricité. Alors que Carl Verloc s'éloigne d'une centrale électrique, quatre hommes examinent les turbines et concluent immédiatement à un acte de sabotage.
Dans le métro, la panne d'électricité ne donne lieu à aucune anxiété. Dehors, un climat que l'on peut qualifier de presque euphorique, se répand parmi les passants.
Devant le cinéma "Bijou" la panne d'électricité crée un petit psychodrame, une petite foule s'étant pressée pour voir le film et de nombreux spectateurs ayant déjà payé leur place. Carl Verloc profite du désordre pour se faufiler et entrer discrètement dans la salle de cinéma, préalable nécessaire pour se rendre dans l'appartement situé derrière la salle. Ted Spencer repère néanmoins l'arrivée de Carl Verloc.
A la caisse, Sylvia Verloc, aux côtés de Renée, ne sait pas quelle décision prendre car le fait de rembourser les places constituerait une perte financière catastrophique en raison des modestes finances des époux Verloc. Sylvia regrette l'absence de son mari en cet instant.
Après avoir pris soin de s'être consciencieusement lavé les mains, Carl Verloc monte à l'étage en direction de la chambre à coucher. Dans un premier temps il actionne le commutateur électrique et se montre surpris de l'absence de lumière mais tout de suite il adopte une expression plus entendue. Organisant son alibi, il s'allonge sur le lit pour simuler le sommeil puis il se ravise et prend soin de placer sur son visage une feuille de journal pour laisser croire qu'il s'était endormi alors que la pièce était encore éclairée par les lumières de la ville.
Sylvia Verloc, inquiète, se rend à l'appartement. Elle est surprise de voir le pardessus de son mari. Elle monte à l'étage et découvre celui-ci feignant de dormir. Il se redresse en sursaut éclairé plein champ par la torche électrique tenue par sa femme. Après une brève discussion Carl décide de rembourser les billets déjà vendus, au grand dam de sa femme.
Pendant ce temps, Ted Spencer s'est mêlé à la petite affaire et, pour reprendre en main la petite foule, s'engage dans un petit discours pour justifier le non-remboursement des billets. Il est sur le point d'aboutir lorsque Sylvia revient, l'écoute un instant amusée, puis annonce au public que les billets vont être remboursés. C'est alors que la panne d'électricité prend fin. Renée, fièrement, referme la caisse au nez et à la barbe d'un spectateur voulant se faire rembourser, le spectacle pouvant désormais avoir lieu comme prévu.
Mrs Jones quitte l'appartement. Elle traverse la salle de cinéma alors que la séance est déjà en train de se dérouler. Elle rejoint Sylvia et Renée demeurées à la caisse et leur annonce qu'elle doit partir un peu plus tôt que prévu, son mari étant souffrant. De ce fait Stevie est demeuré seul dans la cuisine pour surveiller la cuisson. Sylvia décide de l'y rejoindre.
Stevie est tout occupé à sortir la viande du four. Très maladroitement, il se prend les pieds dans le tablier et réussit à casser deux assiettes qu'il camoufle dans le tiroir. Gourmand, il se brûle le palais en goûtant un légume dans la soupière. C'est à ce moment que Sylvia rejoint son petit frère.
Pendant ce temps, Carl attend dans la salle à manger tout occupé à se curer les ongles pour effacer les dernières traces de sable. Sylvia demande à Stevie d'aller chercher une laitue chez le marchand de primeurs. Carl critique la cuisson des légumes. Stevie revient flanqué de Ted Spencer déguisé en commis. Celui-ci a pris prétexte d'une fausse hésitation de Stevie sur la grosseur de la laitue , pour s'introduire chez les Verloc et mener, l'air de rien, sa petite enquête sur les agissements de Mr. Verloc durant la fin de l'après-midi. Celui-ci justifie aussitôt sa présence dans l'appartement en lui annonçant qu'il a dormi tout l'après-midi. Cet alibi est immédiatement confirmépar sa femme.
A peine a-t-il quitté les Verloc que Ted Spencer se rend à Scotland Yard pour y faire son rapport. Il y est accueilli par le Superintendant Talbot qui n'est guère ravi de voir l'enquête demeurée au point mort alors qu'un nouvel acte de sabotage vient de frapper Londres.
Jeudi :
C'est le matin. Carl Verloc sort du cinéma Bijou. Ted Spencer réagit immédiatement et fait signe à son adjoint, l'inspecteur Hollingstead, de suivre Carl Verloc. Tous deux prennent le bus.
Carl Verloc arrive au rendez-vous convenu avec un personnage important de l'ambassade étrangère pour laquelle il travaille. Ce rendez-vous a lieu dans l'aquarium du zoo de Londres. Carl Verloc est interloqué de voir son interlocuteur très déçu de l'acte commis la veille. La coupure de journal qui lui est montrée fait état d'un Londres plutôt joyeux à la suite de la panne d'électricité. Carl Verloc qui espérait être payé immédiatement pour cet acte se voit enjoindre de procéder lui-même, ou par l'intermédiaire d'une de ses connaissances dans le milieu du terrorisme, à un attentat meurtrier le samedi suivant, jour de la fête du Lord Maire, au terminal des bus de Piccadilly Circus. Dans un premier temps Carl Verloc refuse puis s'avoue contraint, pour des raisons financières, d'exécuter cet ordre. Carl doit ainsi se rendre à une adresse que lui communique son interlocuteur. De loin, Hollingstead a surveillé la scène.
Pendant ce temps, Sylvia et Stevie se promènent dans Londres. Ted Spencer, qui les a pris en filature, les accoste au détour d'un croisement de rues et leur propose d'aller déjeuner chez Simpson's, un restaurant très huppé de la ville. Sylvia refuse mais, un peu sous le charme de Ted qui lui affirme qu'il n'est jamais allé déjeuner dans cet endroit, accepte en définitive. Arrivés au restaurant, la petite fourberie de Ted est rapidement éventée involontairement par le maître-queue qui le salue comme un client habituel de l'établissement. Ted élude alors les interrogations de Sylvia et reprend la balle au bond en lui demandant si elle-même n'a pas des petits secrets... Ted s'aperçoit très rapidement que la vie de Sylvia est bien triste et qu'elle n'a rien à voir avec les possibles agissements criminels de son mari.
De retour à Scotland Yard, Ted Spencer se prépare à donner sa note de repas au fonctionnaire idoine pour en être remboursé, puis se ravise et la déchire. Au cours de son entretien avec Le Superintendant Talbot, il apprend qu'Hollingstead est peut-être en passe de faire avancer l'enquête car Carl Verloc a dû se rendre à une adresse encore inconnue des services de police.
Effectivement, Carl Verloc s'est rendu dans le quartier d'Islington, chez un oiseleur résidant au "465, Liverpool Street", Mr. Chatman. Lorsque Carl Verloc entre dans le magasin, Mr. Chatman est en grande conversation avec une étrange cliente qui se plaint de ce que ses oiseaux ne chantent pas. Mr. Chatman lui fait sur le champ la démonstration du contraire. Puis, la cliente partie, il introduit Carl Verloc dans l'arrière boutique où Carl Verloc découvre une femme avec sa petite-fille en train de repasser. Durant un entretien au contenu verbal fort étrange, Mr. Chatman, qui s'avère en fait être un redoutable spécialiste en explosifs, annonce à Carl Verloc qu'il recevra le samedi matin suivant une cage d'oiseaux sous laquelle sera placé le paquet contenant les explosifs, le détonateur étant réglé pour provoquer l'explosion à 13 heures 45 précise.
Le soir. En attendant le moment du dîner, Stevie et Sylvia sont affairés à la construction d'une maquette d'un grand voilier. Pendant ce temps, Carl écrit trois lettres au contenu identique et destinées chacune à Yunct, Michaelis et Ollison, ses compères terroristes. Il leur demande de se rendre à son appartement dès le lendemain soir en raison d'un évènement très grave.
Vendredi soir :
C'est l'heure de la séance au cinéma "Bijou". Les trois compères arrivent un à un. Ted Spencer observe la scène de loin. Se doutant de l'imminence d'une possible révélation, Ted trompe une nouvelle fois la confiance de Sylvia en lui faisant croire qu'il aimerait bien entrer dans la salle de cinéma pour voir un petit bout du film. Sylvia, naïve, accepte bien volontiers. Alors qu'il se rend derrière la salle de cinéma Ted Spencer est surpris par l'irruption de Stevie qui lui demande ce qu'il fait là. Ted Spencer ruse encore et lui fait croire qu'il veut faire une petite surprise à Mr. Verloc. Sans bien comprendre, Stevie accepte de lui faire la courte-échelle pour lui permettre de regarder, au travers d'un vasistas, ce qui se passe dans la salle à manger.
Alors que les quatre hommes sont en grande conversation, Yunct s'aperçoit de la présence de Ted. Tel un chat il s'approche du vasistas et brusquement parvient à empoigner Ted et à le faire basculer dans la pièce. Ted est immédiatement reconnu par Michaelis qui l'avait fréquenté comme policier durant son propre séjour en prison. Les quatre hommes acceptent les mauvaises explications données par Ted quant à sa présence sur les lieux car Stevie vient benoîtement donner un alibi au policier. Mais, sitôt Ted parti, les trois hommes quittent précipitamment les lieux laissant Carl Verloc seul avec l'échéance de l'explosion prévue pour le lendemain midi.
Samedi :
11 heures du matin. La surveillance du cinéma "Bijou" et, par conséquent, de l'appartement des Verloc a été renforcée. Un porteur livre à Carl Verloc le paquet contenant une cage d'oiseau à l'intérieur de laquelle les explosifs ont été placés. Carl marque son extrême embarras, ainsi mis devant le fait accompli puisque la bombe explosera nécessairement à l'heure prévue. Carl constate de la fenêtre qu'il est désormais directement surveillé.
Survient alors Stevie dans la salle à manger. Après avoir engagé la conversation avec lui, ce qui est inhabituel, Carl a soudain l'idée, lorsqu'il apprend que Stevie doit aller reporter les bobines du film passé durant la semaine, de lui confier en sus le colis piégé avec pour mission de le placer à un prétendu lieu de rendez-vous à Piccadilly Circus. Carl Verloc a calculé que Stevie avait très largement le temps d'effectuer cette mission sans encourir le moindre risque, près de 4 heures restant à s'écouler avant l'explosion de la bombe. Stevie, qui est de nature à accepter n'importe quelle explication vaguement plausible, accepte de rendre à Carl Verloc ce qu'il pense être un simple service. Mais déjà, avant même de quitter la pièce, Stevie commence à perdre du temps ce qui provoque un accès de colère de Carl Verloc qui le fait activer.
Alors qu'il est tranquillement en chemin vers sa destination, Stevie voit son attention attirée par un petit attroupement occasionné par un bonimenteur vendeur de pâtes de dentifrice. Sa bonne mine et son air un peu ahuri se font aussitôt remarquer par le bonimenteur qui, devant un petit groupe de personnes ravies, se sert de Stevie comme cobaye. Celui-ci se retrouve en définitive ainsi humilié devant adultes et enfants. Il parvient à mettre fin à cette séance et à fuir le bonimenteur.
En marche vers Piccadilly Circus, Stevie se voit enjoindre de ne pas traverser une très grande avenue en raison de l'arrivée imminente du défilé organisé en l'honneur du Lord Maire. Stevie reste au premier rang des badauds, fasciné par les chevaux, les habits militaires et, finalement, par le carrosse dans lequel parade le Lord Maire. Mais l'heure tourne.
Stevie se rend compte qu'il risque d'être en retard s'il poursuit son chemin à pied. Il parvient à convaincre un chauffeur de bus pour monter dans le véhicule sans payer. Le mobile tiré de la livraison en temps voulu des bobines de pellicules qu'il tient dans ses bras emporte la magnanimité du chauffeur. Mais le bus se trouve bloqué dans un énorme embouteillage. Les minutes s'égrènent. A 13 heures 45, rien ne se produit mais une minute plus tard une énorme déflagration désintègre le bus avec tous ses occupants dont Stevie.
Alors que Ted Spencer a choisi de venir interroger à son domicile Carl Verloc sur les évènements de la veille au soir et sur la présence à son domicile d'hommes réputés appartenir à un réseau terroriste, Ted apprend par un coup de téléphone la survenance de la terrible explosion survenue à Piccadilly Circus.
Rendu sur les lieux, Ted a une conversation avec le Superintendant Talbot. Il découvre surtout un morceau de métal calciné correspondant à une boîte de pellicules et sur laquelle est encore visible le titre d'un film "Bartolomew The Strangler", film qui venait justement d'être projeté au cinéma "Bijou" les soirs précédents. Ted fait immédiatement la relation quant à la présence de Stevie dans le bus.
Plus tard dans la soirée.
Sylvia est très inquiète de ne pas avoir vu revenir Stevie depuis son départ le matin. Soudain, un vendeur de journaux passe à proximité de la caisse du cinéma Bijou en proclamant la une de l'édition spéciale du soir : l'explosion du bus et l'indice constitué par la boite de pellicules. Sylvia a aussitôt un terrible pressentiment et, prise de panique, s'écroule, évanouie. Revenue à elle, elle a une hallucination et croit voir Stevie parmi les personnes qui l'entourent. Elle réclame alors "Mister Verloc".
Un peu plus tard. Carl et Sylvia se retrouvent dans la salle à manger pour parler seul à seul. Carl tente de justifier son acte et affirme qu'il ne voulait en rien provoquer la mort de Stevie qui , pour lui, constitue un accident si terrible soit-il. Sans autre circonvolution, il s'agenouille alors et demande à Sylvia si le temps n'est pas venu pour qu'il fasse ensemble un enfant. Sylvia quitte immédiatement la pièce.
Traversant le couloir de la salle de cinéma où une séance se déroule, Sylvia s'arrête à la vue d'un dessin animé qui passe à l'écran. Elle s'asseoit un instant divertie, malgré ses pleurs, par le spectacle. Mais elle change de physionomie lorsque, dans la diégèse du dessin animé, Cock Robin est lui-même transpercé d'une flèche par la silhouette noire d'un corbeau. Au même moment Mrs Jones, au courant de rien, quitte les lieux en indiquant à Mrs Verloc qu'elle a "menti" pour ne pas nuire à Stevie toujours absent. Aussitôt, Sylvia se lève de son siège et retourne dans l'appartement.
Carl est déjà assis à table. Sylvia découpe la viande. Son mari se plaint une nouvelle fois des légumes trop cuits et, de manière inconsidérée, demande à Sylvia d'envoyer Stevie chercher... Puis il réalise son incroyable bévue et ne finit pas sa phrase. C'en est trop pour Sylvia. Ses yeux se fixent sur la fourchette et le couteau à découper. Mais elle croise très vite les doigts des mains. Carl a tout observé. Conscient du danger, il se lève lentement, contourne la table, s'approche de Sylvia et tente de s'emparer du couteau. Celle-ci est plus prompte, et, dans la rapidité du geste, le couteau se retrouve planté dans le ventre de Carl qui s'écroule. Les canaris dans la cage d'oiseaux se remettent à chanter. Hagarde, Sylvia va s'asseoir au fond de la pièce, dans l'entrée.
Des spectateurs quittent la salle de cinéma. Ted, chargé d'annoncer à Sylvia la mort de Stevie et d'arrêter Mr. Verloc, la retrouve toujours assise à la même place dans l'appartement. Ted, qui ignore encore le meurtre, débute ses propos en disant que tous les faits accusent Mr. Verloc mais que, pour elle, il fera néanmoins son possible pour l'aider. Il ajoute aussitôt que tout ce qui la touche le touche aussi profondément. Soudain il réalise que Carl Verloc git mort à quelques mètres. Sylvia veut se dénoncer à la police. Ted s'y oppose et accompagne Sylvia vers la sortie du cinéma. Auparavant, Ted a eu la présence d'esprit de fermer à clé la porte de l'appartement.
Dehors, Sylvia et Ted croisent une femme arrêtée par deux policiers. Sylvia est en proie à une hallucination et croit voir Stevie venir à sa rencontre les bras chargés de bobines de pellicules. A l'écart de la foule, Ted tente de convaincre Sylvia de fuir à l'étranger, le dernier train partant à 21 heures. Selon lui, le corps de Carl Verloc ne sera découvert que le lendemain matin par Mrs Jones. Sylvia finit par embrasser Ted.
Pendant ce temps, chez les Chatman, le Professeur se fait vertement réprimander par sa fille. Celle-ci exige qu'il aille rechercher la cage d'oiseaux dans laquelle il avait placé les explosifs et qui constitue désormais un indice accablant. Le Professeur, penaud, s'exécute et prend un taxi pour se rendre au cinéma "Bijou" où une autre séance a débuté. Mais cette fois, Hollingstead veille et engage la filature avec un autre véhicule. Scotland Yard exige l'arrestation de Mr. Verloc et du Professeur dès son arrivée au cinéma.
Arrivé à destination, le Professeur entre dans le cinéma aussitôt suivi par des policiers. Le cinéma est encerclé. Le Superintendant Talbot s'est lui-même déplacé. Dans un sursaut, Mrs Verloc se dirige vers lui et affirme avoir des déclarations à faire concernant Carl Verloc. Ted tente de s'interposer. Mais au même moment le Professeur, qui possède toujours sur lui un explosif très puissant pouvant être déclenché à l'aide d'une petite poire, comprend qu'il est irrémédiablement cerné. De plus il découvre lui-même le corps de Carl Verloc, situation qui l'accablera un peu plus face à la police. Avant de donner l'assaut les policiers, informés de ce que le Professeur est muni d'une bombe, font commencer l'évacuation de la salle de cinéma. Les lumières se rallument à la surprise des spectateurs.
Alors que l'assaut va conduire à l'inéluctable, à l'extérieur, le Superintendant Talbot demande à Sylvia si Carl Verloc est à l'intérieur. Elle répond par l'affirmative. Il lui demande alors s'il a lui-même les moyens de s'opposer au Professeur. Elle lui répond : "No, because he's dead". A cet instant précis Le Professeur fait exploser sa bombe et meurt déchiqueté. Les spectateurs, tous indemnes, fuient le cinéma Bijou. Dans les décombres, le corps de Carl Verloc est retrouvé déchiqueté également.
Survient une ultime interrogation du Superintendant Talbot : Sylvia Verloc a-t-elle prononcé ses mots "avant" ou "après" l'explosion ? Il choisit de laisser cette interrogation sans réponse.
Ted et Sylvia Verloc disparaissent dans la foule.
Philippe Chiffaut-Moliard (tous droits réservés)