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Retour à la rubrique : France années 30

Retour à l'étude : Les Gangsters du château d'If (1939 de René Pujol

 

 

 

René Pujol (1887-1942)

 

 

Le nom de René Pujol n'est guère évoqué dans les ouvrages consacrés au cinéma français des années trente. En qualité de scénariste et / ou de réalisateur, on lui doit pourtant nombre de très gros succès commerciaux : Le Roi des resquilleurs (1930) de Pierre Colombier, Chacun sa chance (1930), Les Rois de la flotte (1937), Un de la Canebière (1938), Titin des Martigues (1938), autant de triomphes, à Paris et dans la France du Midi.

René Pujol est bordelais d'origine. Claude Beylie et Philippe d'Hugues précisent qu'il fût journaliste au Figaro à ses débuts (in Les oubliés du cinéma français, Ed. du Cerf, 1999, spéc. page 237, note 11). Journaliste mais aussi auteur dramatique, musicien, auteur de nombreuses chansons. Un autre monde que celui de ce cinéma populaire des années trente. Au gré des choix de restauration et des programmations de la Cinémathèque française mais aussi grâce à l'intense activité éditoriale de René Chateau, ces films renaissent peu à peu. Le cinéma de René Pujol est bien éloigné des chefs-d'oeuvre du cinéma français. Certains de ses films ne sont évoqués par les dictionnaires du cinéma qu'à titre illustratif, au rayon des nanars.

Au début des années trente, René Pujol travaille avec Pierre Colombier déjà cité (on lui doit le scénario de Théodore et Cie en 1933), Léon Mathot (La Bande à Bouboule en 1931, Bouboule 1er, roi nègre (1934), tous deux avec Georges Milton), Maurice Cammage (La Caserne en folie, 1934), André Berthomieu, Pierre Caron, Maurice Tourneur (Les Deux orphelines en 1933), Max Ophüls (On a volé un homme, 1933), Christian-Jaque (Le Père Lampion, 1934, et Voyage d'agrément en 1935), Richard Pottier (Si j'étais le patron, 1934, et Lumières de Paris en 1937).

Des gaudrioles plus ou moins douteuses, du vaudeville militaire, mais aussi des adaptations littéraires bien plus sérieuses. Aucun paradoxe dans cette filmographie car l'époque voulait cela. L'exemple de Christian-Jaque ou celui de Maurice Tourneur démontrent qu'au gré des opportunités il n'y avait aucune honte pour ces réalisateurs à se coltiner aussi avec l'humour des casernes.

René Pujol, venu sur le tard à la réalisation (il a 43ans lorsqu'il tourne la version française du film de Hans Steinhoff, Chacun sa chance en 1930), se voit néanmoins crédité de 19 films avant son brusque décès en 1942.

Outre Chacun sa chance déjà cité, signalons Tout pour rien (1933, d'après la pièce d'André Mouézy-Eon, avec Francell, Françoise Rosay, André Alerme, Pierre Alcover). Puis trois films tournés à Berlin : Dactylo se marie (1934, coréalisé avec Joe May; une suite donnée au remarquable film de Wilhelm Thiele Dactylo en 1931), La Peau d'un autre (1936, film produit par l'A.C.E., filiale française de la U.F.A., avec Ginette Gaubert, André Lefaur, Ginette Leclerc, Janine Merrey, Blanchette Brunoy, Armand Bernard), et Passé à vendre (1936, avec Jeanne Aubert, Ginette Leclerc, Max Michel, Pierre Brasseur).

Retour en France avec une comédie sur fond de parachutisme, J'arrose mes galons (1936, avec Bach, Félix Oudard, Raymond Cordy, Marguerite Pierry, Colette Darfeuil), Bach Détective (1936, avec Bach, Ginette Leclerc, Paul Bernard, Jacques Dumesnil, Ginette Gaubert).

En 1937 René Pujol débute sa collaboration avec Henri Allibert, dit Alibert, avec Titin des Martigues (1937, avec Alibert, Paulette Dubost, Pierre Larquey, Aimos, Rellys, Suzanne Dehelly) puis Un de la Canebière (1938, avec Germaine Roger, Alibert, Maximilienne, Rellys, René Sarvil), et Les Gangsters du château d'If (1939).

Parallèlement à cette veine provençale René Pujol fait un tabac en 1937 avec le délirant Trois artilleurs au pensionnat (avec Paul Asselin, Raymond Cordy, Léonce Corne, Pierre Larquey, Jeanne Fusier-Gir, Denise Grey). La même année René Pujol tourne une joyeuse pochade, Le Plus beau gosse de France (avec Georges Biscot, Josseline Gaël et Pauline Carton) mais aussi un film d'aventures policières La Griffe du hasard (avec Georges Rigaud, Pierre Larquey et Germaine Aussey; film tourné à Berlin). En 1938, le public attend la suite des Trois artilleurs. Il y en aura deux : Trois artilleurs en vadrouille (avec Pierre Larquey et Roland Toutain), et Trois artilleurs à l'opéra, réalisé cette fois par André Chotin.

Toujours en 1938, René Pujol dirige Tichadel et Rousseau, tout d'abord dans Les Rois de la flotte, avec Germaine Roger, puis dans Deux de la réserve (1938). Toujours en 1938, Henri Garat, Pierre Larquey et Rellys sont réunis dans Cà...c'est du sport, un vaudeville bien dans l'esprit du temps. En 1939 retour à Eugène Labiche avec l'adaptation de la pièce Maman Sabouleux. Ce sera Ma Tante dictateur (avec Gaby Wagner, Marguerite Moreno, Christian Gérard, Fernand Charpin). Au début de l'année 1940 René Pujol tourne son dernier film Faut ce qu'il faut (avec Pierre Larquey et Roland Toutain) qui ne sera exploité qu'en 1946 sous le titre Monsieur Bibi.

Le cinéma de René Pujol est à redécouvrir.

 

Philippe Chiffaut-Moliard (copyright 2004)

 

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