Appointment with Danger (Echec au hold-up, 1951) de Lewis Allen
(avec Alan Ladd, Phyllis Calvert, Paul Stewart, Jan Sterling, Jack Webb)
En 1949, Lewis Allen réalise Chicago Deadline (Enquête à Chicago) avec Alan Ladd et Donna Reed. Un grand succès commercial. Deux ans plus tard, Paramount confie au même réalisateur et à la même équipe technique (John F. Seitz à la photo, Victor Young pour la musique, Sam Comer et Bertram Granger pour les décors, Harold Lewis pour le son) Appointment with Danger, Alan Ladd ayant cette fois à ses côtés Phyllis Calvert dans le rôle totalement déroutant d'une religieuse témoin d'un crime. Le scénario est signé Richard Breen et Warren Duff.
Appointment with Danger débute sur un ton martial : musique de rythme binaire, voix off sentencieuse glorifiant les mérites du United States Post Office et de ses services de police. L'argument scénaristique n'est pas anodin. C'est bien des mérites d'une police parallèle qu'il sera question : une sorte de police en famille, un peu paternaliste, protégeant et vengeant les siens. De ce fait, Al Goddard (Alan Ladd) peut mettre à mal les bons vieux principes d'une police jugée dès le début du film comme notoirement incompétente. Pour gagner, il faut un homme seul aux idées bien arrêtées (- Al Goddard : "Chez nous on ne dit pas qu'on a le coeur sensible, on dit qu'on est cardiaque !"), peu regardant sur la légalité des méthodes employées, hyper actif, violent, rusé, n'hésitant pas à se mêler aux malfrats pour mieux les confondre. Et si possible un homme qui n'aime pas le be-bop... De très belles scènes d'action entrecoupées de bondieuseries de toute évidence hors de propos.
Philippe Chiffaut-Moliard (tous droits réservés)