S.O.S. Noronha (1956) de Georges Rouquier
(avec Jean Marais, Ruy Guerra, Daniel Ivernel, Yves Massard, Vanya Orico)
Georges Rouquier est bien sûr connu comme très grand documentariste du monde artisanal et du monde rural (Farrebique, 1946, et Biquefarre réalisé à quarante années d'intervalle en 1983). S.O.S. Noronha est un film d'aventures (une ile, des hommes assiégés pris au piège...), qui propose (métaphoriquement) de nombreuses interrogations sur les comportements humains en temps de guerre et sur la représentation de l'acte d'héroïsme. Le scénario a été écrit par les très célèbres Pierre Boileau et Thomas Narcejac (plus d'une dizaine de romans adaptés ou scénarisés pour le cinéma dont Les diaboliques en 1955, Vertigo,en 1958) d'après un roman de Pierre Viré, personne d'une grande humanité, officier radio dans l'aéronautique, qui sauva de nombreuses vies dans des opérations de sauvetage, mais aussi militant d'un rapprochement fraternel entre Français et Musulmans d'Algérie, pays dans lequel il était né au début du siècle. Partition musicale : Jean-Jacques Grünenwald (très proche de Jacques Becker). Directeur de la photo : Henri Decaë (très proche de Jean-Pierre Melville). Dans un entretien jadis publié par l'excellente revue Jeune cinéma (n° 157) le réalisateur confiait que le scénario tiré du roman avait pour source un fait réel survenu en 1931 sur une île où il y avait effectivement un poste de radio émetteur chargé de guider le trafic maritime Lisbonne-Natal mais aussi un bagne où les détenus s'étaient révoltés. Georges Rouquier s'estimait très insatisfait de ce film réalisé sans le temps nécessaire pour une bonne préparation. Dernière incursion de Rouquier dans l'oeuvre de fiction après Sang et lumières. Présence de Jacques Demy comme assistant réalisateur.
Philippe Chiffaut-Moliard (tous droits réservés)