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Brèves : cinéma italien des années 60-70

 


Virage à 180 degrés avec une plongée dans le cinéma de genre italien des années 60. Quatre films retenus : deux peplums et deux western.
En 1960, Vittorio Cottafavi (un des très grands réalisateurs italiens de l'après-guerre et des années soixante qui s'est spécialisé dans le cinéma dit populaire et s'est retrouvé par là- même mis à l'index) signe avec Messalina, Venere imperatrice son deuxième peplum après la grande réussite commerciale deux ans auparavant de La Rivolta dei gladiatori (1958). Suivront Le legioni de Cléopâtre (1960), Le Vergini di Roma (1961) et ce petit chef-d'œuvre qu'est Ercole alla conquista di Atlantide (1961). Vittorio Cottafavi est un coloriste. Ses recherches plastiques trouvent dans le genre du peplum un domaine à sa mesure pour expérimenter à tout va. Et puis figure au générique la lumineuse Belinda Lee. Musique d'Angelo Lavagnino.
En 1962, Mario Costa, qui durant 15 années avait œuvré dans le mélodrame italien, poursuit également sa carrière dans cette nouvelle veine populaire en réalisant Il conquistadore di Corinto, une coproduction franco-italienne avec Jacques Sernas, un habitué des peplum, John Drew Barrymore remarqué dans La guerra di Troia de Giorgio Ferroni l'année précédente, Geneviève Grad et la grande star du genre, Gianna Maria Canale. Musique de Carlo Innocenzi.

En 1969, plus question de fabriquer des peplums. Les modes changent et Sergio Leone a donné le ton en passant de Il Colosso di Rodi en 1961 à Per un pugno di dollari en 1964. L'heure de la déferlante du western européen était venue (39 films en 1964, 61 films en 1966, 75 films en 1968). En 1969, le nombre de productions commence à régresser et le giallo inonde à son tour les écrans italiens. Mais certains réalisateurs profitent encore du filon, ceux qui ne veulent pas changer leurs petites habitudes. Ils optent selon pour la parodie ou l'autodérision quitte à fournir des bandes filmiques souvent lamentables. L'astuce tiendra quelque temps. D'autres réalisateurs en revanche vont produire durant ces années charnières 1969-1975 des films assez remarquables, le point d'orgue du genre étant, selon l'avis semble-t-il unanime des spécialistes, Keoma d'Enzo Castellari.
E Dio disse a caino d'Antonio Margheriti (alias Anthony Dawson pour faciliter la vente à l'exportation du film), est un des joyaux du genre. Avec Klaus Kinski, Peter Carsten (par ailleurs coproducteur), Luciano Pigozzi et Marcella Michelangeli. Il s'agit d'une coproduction italo-allemande. La musique est signée Carlo Savina, prestigieux violoniste et chef d'orchestre attitré du compositeur Nino Rota.
E Dio disse a caino est construit sous forme d'une tragédie fondée sur le seul accomplissement de la vengeance. Si par une nuit d'hiver un voyageur… Le vent, le tintement lancinant de la cloche, la mort qui se répète… Peu importe l'explication du mal infligé aux origines… Il vient, il tue, et son être s'épuisera une fois l'acte accompli. Le fantastique envahit le western.
Climat assez proche avec Il pistolero dell'AveMaria de Fernandino Baldi quand bien même l'accent est plutôt mis sur le soin du détail de l'image et sur une conception originale du montage. Au générique, Luciana Paluzzi qui , quelques années auparavant, avait été dirigée par Fritz Lang dans Der Tiger von Eschnapur puis avait interprété le personnage d'Héléna dans Le vice et la vertu de Roger Vadim.