Brèves : cinéma italien des années 50
Direction L'Italie. En 1953, Mario Camerini
signe Ulisse, une superproduction italienne de la Lux Film de Messieurs
Ponti et De Laurentiis. La firme italienne répondait ainsi aux studios
américains et spécialement à la M.G.M. et à la Fox,
qui venaient coup sur coup de réaliser deux énormes succès
commerciaux avec Quo Vadis de Mervyn LeRoy en 1950 et The Robe
d'Henry Koster (1953), le second en cinémascope. La Lux Film avait déjà
confié l'année précédente à Riccardo Freda
la réalisation de Teodora, imperatrice di Bisanzio, Freda s'étant
déjà illustré en 1952 avec Spartaco.
Ulisse est un énorme projet. Et il apparaît très vite que
le cinéma italien ne pourra pas relever seul le défi. Ulisse
sera donc le premier exemple d'américanisation des studios romains.
Carlo Ponti obtient la signature de Kirk Douglas pour le rôle d'Ulysse.
A ses côtés, Silvana Mangano, Anthony Quinn, Franco Interlenghi,
Elena Zareschi,Rossana Podestà. Mais ce n'était pas Mario Camerini
à qui avaient songé en premier les producteurs. Le film devait
être réalisé par Pabst. Dès la fin de l'année
1950 celui-ci commença à travailler sur le scénario et
c'est à lui que l'on doit l'idée géniale de faire jouer
Circé et Pénélope par la même actrice (il était
question aussi de confier le rôle à Greta Garbo). En définitive
le scénario est cosigné par Franco Brusati, Mario Camerini, Ennio
De Concini et Yvo Perilli, côté italien, et par Irwin Shaw, Hugh
Gray et Ben Hecht, côté Paramount.
Il en est résulté un film magnifique rarement présenté
dans une bonne copie en VO sous-titrée à la télévision.
Un spectacle indispensable. La musique est de Alessandro Cicognini, les décors
de Flavio Mogherini, les costumes de Giulio Coltelacci, les effets spéciaux
d'Eugen Shuftan pas moins. Il faudrait citer toute l'équipe technique.
Changement de budget, changement d'objet. Mais toujours la même idée
de surfer sur les succès commerciaux réalisés au-delà
des frontières. En 1958, Terence Fisher réalise Dracula.
Les histoires de vampires n'avaient certes pas cessé d'alimenter le cinéma
que ce soit au Mexique, aux Etats -Unis (ces films étant de parfaits
prétextes pour la jeunesse américaine finalement peu cinéphile
mais appréciant les facilités qu'offraient les voitures spacieuses
garées devant des écrans installés en extérieur
)
ou ailleurs. Mais avec le succès très mérité obtenu
par Terence Fisher la production de films de vampires va retrouver une nouvelle
jeunesse
L'Amante del Vampiro est un de ces films fauchés, rapidement tournés
et avec une trame scénaristique des plus mince. Le film de Renato Polselli
pourrait bien être le premier film de vampires italien de l'après-guerre
avec, dans le genre comique, le film de Steno réalisé la même
année, Tempi duri per i vampiri, avec Sylva Koscina. Renato Polselli
se fera surtout connaître dix ans plus tard avec La Reincarnazione
(alias Les Horribles orgies du comte Dracula, 1972) et Delirium (1972)
. Le présent film vaut surtout par la présence d'une dizaine de
donzelles aux jambes superbes et plutôt douées pour se lancer dans
une répétition de ballet qui ne peut pas laisser nécessairement
indifférent le spectateur. Quant aux vampires : aucun doute c'est bien
de sexe qu'il s'agit.
Philippe Chiffaut-Moliard (tous droits réservés)