My Childhood (1972), My Ainfofk (1973), My Way Home (1975)
de Bill Douglas
On a pu découvrir une
uvre en trois parties réalisée par Bill Douglas : My
Childhood (1972), My Ain Folk (1973) et My Way Home (1976),
trois moyens métrages produits au sein du British film Institute Production
Board et tournés par ce réalisateur écossais dans son village
de Newcraighall près d'Edimbourg. Une trilogie autobiographique d'une
enfance triste, presque horrifique par sa vacance, vécue dans une zone
minière d'Ecosse en 1945. Dissensions familiales, climat social très
dur, opposition sans compromis du monde adulte et du monde de l'enfance.
Bill Douglas est une personnalité originale du cinéma britannique.
Il a travaillé auparavant avec Joan Littlewood dans la mouvance du free
cinema. Mais ici, l'approche est différente. En choisissant le thème
de l'enfance -son enfance- Bill Douglas écarte une approche qui pourrait
être celle du recul pris par un homme devenu adulte et reconfigurant ses
souvenirs (ainsi il existe bien peu de traits communs entre ces trois films
et, par exemple, Les Quatre cent coups de François Truffaut (1959)
ou Mes petites amoureuses de Jean Eustache (1975).
Rien dans ces films d'épidermique ou d'émotionnel. Il s'agit plutôt
d'une suite d'instantanés, de flashes de mémoire durant lesquels
le langage a une part insignifiante. La communication prend un aspect presque
animal et seuls comptent les signaux physiques du comportement. Plus qu'une
"uvre d'investigation sociale" au sens des années 30,
les films de Bill Douglas, plus proches des "creative treatment of actualities",
"existent à l'état sauvage, irrécupérables.
Ils sont des appels d'autant plus poignants qu'ils ne sont pas faits pour être
entendus" (J.P. Torok).
Précisons que les deux enfants ont été découverts
quasiment par hasard par Bill Douglas lorsque celui-ci est revenu à Newcraighall
pour établir son casting d'acteurs tous non professionnels.
Philippe Chiffaut-Moliard (tous droits réservés)