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The Long Goobye (1973) de Robert Altman

 

 

The Long Goodbye (1973). A voir et revoir. Les adaptations cinématographiques des romans de Raymond Chandler ne sont pas légion (les plus réussies demeurent Murder, My Sweet d'Edward Dmytrick (1944), Lady in the Lake de Robert Montgomery (1946), The Big Sleep d'Howard Hawks (1946), The Brasher Doubloon de John Brahm (1947), et, à un degré sans doute moindre, Marlowe de Paul Bogart (1969), film néamnoins intéressant en ce que le personnage princeps est redéfini selon une esthétique de modernité exigeant la suppression de tout anachronisme.


Le choix de Robert Altman est différent. La problématique était simple: soit situer l'action à l'époque de Chandler (le roman homonyme date de 1953), soit la transposer dans un cadre contemporain mais en préservant certains signifiants de telle manière que le rapport au personnage demeure de manière décalée dans le prolongement du mythe Bogart. C'est ainsi que dans le Los Angeles de 1973, Elliott Gould conduit une superbe Lincoln Continental de la fin des années quarante, fume des cigarettes sans filtre, mais fréquente de jeunes hippies en consommant des "brownie mix".


Simples gadgets pourrait-on dire ? Non pas. Le parcours d'Elliott Gould est comme somnanmbulique. Il est le personnage de ce film mais il est aussi celui qui naguère était. Il emprunte une trace. Le film fourmille de citations cinématographiques versées dans l'image moins comme hommage ou comme petit jeu de devinettes, que sous forme de prégnance d'un mode narratif déjà inscrit dans un passé bel et bien révolu.


Sans oublier les contributions musicales de John Williams et Johnny Mercer. Le scénario est signé Leigh Brackett (déjà co-scénariste de The Big Sleep). Elliott Gould est accompagné par Nina Van Pallandt, Sterling Hayden et Mark Rydell.