O Ritual dos sadicos (1970) de José Mojica Marins
Un cinéaste brésilien né à Sao Paulo, José Mojica Marins, qui continue de déranger. La chaîne Cinécinéma Auteur a pris soin d'accompagner la diffusion des trois films proposés (A Meia-noite Levarei sua Alma, 1963, Esta Noite Encarnarei teu Cadaver, 1966, et O Ritual dos Sadicos (1969) d'un documentaire réalisé en 2001 par André Barcinski et Ivan Finotti très riche tant par les extraits retenus de films introuvables que par les quelques moments d'interview avec le réalisateur lui-même.
Il est amusant de contater que près de quarante ans après, l'uvre
de José Mojica Marins peut provoquer encore du dégoût, à
tout le moins une attitude de rejet abrupt justifié par un classement
sans appel de ses films au rang de nanar grand guignolesque. Et pourtant que
d'images produites depuis par le cinéma d'horreur
José Mojica
Marins irrite. Son personnage Zé do Caixao, l'entrepreneur de pompes
funèbres, peut même être jugé insupportable. Sorte
de gnome barbu obsédé de religion (catholique) et de manifestation
sadique, de puissance de la Loi et de libre arbitre, il parcourt ses films vêtu
de son inséparable cape et de son chapeau haut- de-forme. Il ne cesse
d'interroger, de se confronter à un Pouvoir qui demeure hors de son appréhension.
Alors il maltraite, il crée des visions cauchemardesques, il épuise
ses capacités à créer le Mal dans l'espoir d'être
enfin confronté à un censeur. Mais celui-ci se dérobe toujours
et avec lui le fondement de la religion.
Il maltraite aussi spécialement ses acteurs et actrices et ses réalisations
ne cessent de flirter avec d'étranges relations sadomasochistes dans
le travail même des films. Très soucieux de son image, José
Mojica Marins prend d'ailleurs toujours soin de rappeler qu'il a effectivement
fait enterrer vivant un de ses acteurs, qu'il a livré cinq ou six filles
à une centaine de tarentules jetées dans le studio de tournage,
qu'une autre a bien failli laisser sa peau en étant étranglée
par un boa
Mais qui se soucie vraiment aujourd'hui du vrai ou du faux
de ses dires.
On peut noter qu'à cinq ans d'intervalle sont nés José
Mojica Marins, Jésus Franco et Jacinto Molina (alias Paul Naschy), et
que tous trois ont fait une longue carrière dans le cinéma bis.