Les Coeurs verts (1965) d'Edouard Luntz
Avant de réaliser Les Curs verts, Edouard Luntz, alors âgé de 35 ans, avait déjà réalisé une douzaine de courts métrages dont Enfants des courants d'air qui avait obtenu le prix Jean Vigo en 1960.
Edouard Luntz s'inscrit dans le courant du cinéma-vérité qui, à la suite du coup de tonnerre provoqué par la conférence magistrale de Pier Paolo Pasolini à Pesaro en 1965, allait offrir une nouvelle voie esthétique très éloignée du phénomène de La nouvelle vague. On retrouve ainsi dans les interviews contemporaines d'Edouard Luntz l'opposition nouvelle entre cinéma de prose et cinéma de poésie.
Mais il n'est pas indispensable, loin s'en faut, de se plonger dans les très riches écrits théoriques du moment pour apprécier toute la richesse du film Les Curs verts. Une histoire de blousons noirs est prétexte à une plongée dans un univers social où la dimension réaliste parfois exacerbée a pour contrepoint d'autres formes d'expression tenant du fantastique poétique et/ou onirique. A confronter à trente ans de distance avec les approches de Jean-Claude Brisseau (De Bruit et de fureur, 1988), Matthieu Kassovitz (La Haine, 1995) et Jean-François Richet (Ma 6-T va crack-er, 1997) . La musique est de Serge Gainsbourg.