Accueil

 

Retour à la rubrique : Dans vos agendas

 

 

Le site cine-studies souhaite relayer sur ces pages l'information reçue de L'AFRHC relative à un appel à communication pour un colloque international intitulé "Lorsque Clio s'empare du documentaire" qui se tiendra dans le cadre du festival de Pessac en novembre 2008. Les propositions doivent être envoyées avant le 15 février 2008 à
Jean-Pierre Bertin-Maghit (jp.bertin-maghit@wanadoo.fr).

 

* * * * *


Appel à communication - Colloque international


Lorsque Clio s'empare du documentaire

 

Ce thème est lié à la création en 2005-2006 du Master pro « Réalisation de documentaires et valorisation des archives » de la mention ARTS de l'université de Bordeaux 3 et à la convention mise en place avec le master pro « documentaire de création » de Poitiers.


Ce colloque international se tiendra les 6, 7 et 8 novembre 2008 dans le cadre du festival de Pessac à l'espace Histoire Image de la médiathèque de Pessac et au CNBDI d'Angoulême. Il est co-organisé avec
l'INA.


La rencontre de l'Histoire avec le cinéma existe depuis les origines de l'invention du cinématographe des frères Lumière. Les grandes reconstitutions historiques (L'assassinat du duc de Guise, Cabiria de Pastrone) témoignent très tôt de la volonté qu'ont eu les cinéastes de lier le cinéma et l'histoire. La mémoire des peuples se construit de plus en plus à travers l'image. Quand on pense à la guerre du Vietnam, on voit Platoon, Voyage au bout de l'enfer ou Apocalypse Now). On peut se demander aujourd'hui dans quelle mesure le souvenir filmique se substitue peu à peu aux signes réels du passé.

Grâce à la force des images et à la réceptivité plus large, plus forte, plus immédiate de leur audience, certains cinéastes ont bouleversé la vision que la société française se faisait de la dernière guerre : Le Chagrin et la pitié de Marcel Ophuls (1969), ou Shoah de Claude Lanzmann (1985). La série Holocauste qui traitait de la phase la plus horrible de l'histoire allemande a été suivie par 15 millions de familles très tard dans la soirée. De simple illustration du passé, l'image s'élève donc au rôle d'acteur historique ; le cinéma devient agent de l'histoire. Depuis le début des années quatre-vingt, les témoignages sur la destruction des Juifs d'Europe ont trouvé à se faire entendre dans l'espace public. « L'ère du témoin » (Annette Wieviorka) est né. Dans les documentaires, les voix et les corps se sont emparés des images. Dès lors, le mot « mémoire » a pris un sens accru dans le langage commun ; il devient le terme que l'on utilise en lieu et place du mot « Histoire » et donne lieu à des dérives lorsqu'il s'agit d'écrire le passé.

Pour les historiens, comme pour les documentaristes se pose la question fondamentale du statut du témoin. Est-ce que le témoignage permet d'écrire l'Histoire ? La mémoire des autres, est-ce pour autant de l'Histoire ? Parallèlement, l'archive filmée a connu une mutation avec l'intégration des films de familles et des films d'amateur comme document d'Histoire. Les questions fondamentales que ces nouvelles archives posent sont du même ordre que celles qui sont liées aux témoins et à la mémoire. Enfin, la question technique du mode d'enregistrement du réel est primordiale, puisqu'elle a une incidence sur la représentation de celui-ci. Claude Lanzmann ne disait-il pas que Shoa n'aurait jamais été possible en vidéo ; ce qui l'avait rendu possible était justement le cinéma ?

En s'appuyant sur les questionnements liés à l'écriture de l'Histoire, ce colloque se propose de faire un nouveau point sur l'état de la recherche dans le domaine du documentaire. Plusieurs thématiques pourront y être abordées :

- documentaire/ mémoire/histoire

- archives filmées/films de famille/films d'amateur

- les esthétiques de montage d'archives et la question de la mémoire,

- le documentaire historique comme « agent de l'Histoire »

- le docufiction,

- documentaire et anthropologie

- étude des cinéastes Peter Forgács, Rithy Panh, Pelechian, Gianikian
et Ricci-Lucchi….

 


Une demi-journée du colloque sera consacrée au cinéaste « Peter Watkins et à son écriture singulière de l'histoire ». Elle fera suite à une journée d'étude consacrée à « Peter Watkins et les médias » organisée à l'Inathèque le 10 mars 2008 par le laboratoire Communication et Politique du CNRS.

Envoi de la proposition de communication : Titre précis et texte de
1500 signes maximum (avec coordonnées précises de l'auteur) le 15
février 2008 au plus tard à :


jp.bertin-maghit@wanadoo.fr


Une réponse sera donnée dans le courant de mars. Les textes définitifs devront être remis le jour de la communication au colloque. Ils seront soumis à l'approbation du comité scientifique et publiés très
rapidement.

 

Comité scientifique : Jean-Pierre Bertin-Maghit, Roger Odin, Michèle
Lagny, Jean-Paul Colleyn, Isabelle Veyrat Masson, Denis Maréchal,
Sylvie Thouard, Denis Bourgeois, Anita Leandro, Frédérique Berthet.